Superficie : 9 500 m²
Équipe : Myriam Michel, Julien Boisson, Sophie Pillault, Delphine Ravry, Mélanie Demarest, Anne-Loïse Manson, Alexandre Monnier, Alice Hanotte, Elodie Lecher, Sophie Pillault, Hélène Barrand.
Équipe : Myriam Michel, Julien Boisson, Sophie Pillault, Delphine Ravry, Mélanie Demarest, Anne-Loïse Manson, Alexandre Monnier, Alice Hanotte, Elodie Lecher, Sophie Pillault, Hélène Barrand.
Fouillé à l'automne 2007 suite à deux diagnostics réalisés en 2006, ce site a révélé les vestiges d'un enclos
protohistorique délimité par un fossé curviligne et renfermant une demi-douzaine de petites constructions
sur poteaux, un silo, diverses fosses (dont l'une pourrait être une citerne), un probable puits d'extraction et
deux incinérations antiques. La zone enclose dégagée, couvrant près de 8000 m², n'est que la partie accessible d'un enclos plus vaste. Celui-ci se développe au nord et à l'est de l'emprise de la fouille, sous des parcelles déjà construites. Il s'agit donc d'un établissement assez vaste, même si sa superficie totale ne peut être établie. Les éléments de chronologie relative étant quasi inexistants sur le site, le phasage des vestiges s'est donc effectué essentiellement à partir du mobilier céramique. Celui-ci est assez restreint et présente peu de caractères discriminants chronologiquement parlant. C'est pourquoi la datation des différentes phases d'occupation du site reste assez large, et doit être considérée avec beaucoup de prudence. Les structures les plus anciennes du site datent de la période du Hallstatt et du début de La Tène. Il s'agit d'une fosse/citerne et de deux fosses-dépotoirs. Ces structures sont disséminées sur l'ensemble du site. Elles ont livré quelques céramiques et pour l’une d’entre elles, de nombreux culots de forge et fragments de parois de foyer. Le rattachement du fossé et de la majorité des autres structures à cette première phase n'est qu'hypothétique mais on pourrait y voir une première occupation qui se serait mise en place entre le Ve et le IVe siècle avant notre ère. Le site aurait alors vu se développer un établissement rural fermé assez typique de ce que l’on connaît pour le premier âge du Fer et le début du second âge du Fer dans la région : un enclos de tracé assez irrégulier et isolé dans le paysage (absence de toute structure de type parcellaire aux alentours). Cet enclos renferme quelques bâtiments de stockage, un silo et les vestiges d’une activité métallurgique de type petite forge domestique (élaboration d'objets métalliques pour les besoins quotidiens du site). La faible proportion d’éléments céramiques datants ne permet pas d’établir une durée d’occupation précise. Quelques éléments trouvés au diagnostic avaient été rattachés à la fin de La Tène ancienne ou au début de La Tène moyenne (IVe-IIIe siècle avant notre ère). Les éléments mis au jour à la fouille tendent à vieillir l'installation du site. Cependant, aucun vestige ne permet d'affirmer une continuité entre cette première phase et la seconde occupation du site. La seconde phase d'occupation avait été attestée lors du diagnostic, par la découverte notamment d'un potin senon de la première moitié du Ier siècle avant notre ère. Une partie du mobilier de ce diagnostic avait été rattaché à la fin de La Tène moyenne et à La Tène finale (courant IIe - début Ier siècle avant notre ère). La fouille a quant à elle mis au jour un certain nombre de fragments céramiques attribuables à la fin de La Tène et au début de l'époque romaine (Ier siècle avant/Ier siècle après J.-C.). Ce mobilier a été découvert essentiellement dans le comblement médian et supérieur du fossé, ainsi que dans quelques trous de poteaux disséminés sur l'ensemble de la fouille. Le fossé était donc encore visible dans le paysage et probablement encore en fonction lors de cette occupation gauloise tardive et romaine. Il n'aurait été comblé qu'au cours du Ier siècle de notre ère. À cette occupation de la fin de La Tène est associée une activité métallurgique, dont les vestiges se situent autour d'une structure que l'on pourrait interpréter comme un puits d'extraction de marne ou de minerai. L'étude des vestiges métallurgiques a montré qu'il s'agit à la fois de réduction et d’élaboration, et que l’activité de réduction s’est effectuée en « bas-fourneau » à scorie écoulée. Cette occupation gauloise tardive et gallo-romaine est attestée en outre par la présence de deux incinérations et d'une fosse livrant de la céramique et du verre antique. Les incinérations peuvent être datées du courant du Ier siècle de notre ère.La vocation domestique de cet établissement est attestée par la présence, outre quelques petits édifices destinés probablement au stockage, d’un petit silo. Celui-ci, d’une capacité de stockage de 0,6 m3, est un silo à profil en cloche et fond plat. Son comblement n’a pas livré de macro-restes végétaux. De nombreux vestiges témoignant d’une activité métallurgique ont été mis au jour. Ils constituent l’un des intérêts majeurs de ce site. Cet enclos témoigne d'une installation artisanale d'un type assez rare : le développement d’une activité métallurgique restreinte répondant à une demande assez faible et associant sur le même site d’habitat les phases de réduction du minerai et de post-réduction du métal (élaboration). Les deux activités se développent sur deux zones distinctes du site, et si la première semble assez ponctuelle (réduction associée plutôt à l'occupation récente du site), la seconde semble exister aussi bien à la charnière Hallstatt/La Tène que lors de la seconde occupation du site, postérieure à la Conquête. | ![]() ![]() |

