La Sentinelle

Superficie : 12 000 m²

Équipe : Guillaume Delepierre, Rémi Blondeau, Delphine Cense, Sandrine Fiévet, Stéphane Leplus, Gaëllle Nowik, Myriam Michel, Lucille Alonso.
Dans le cadre de la viabilisation de deux parcelles sur la ZAC de l'Aérodrome Ouest sur la commune de La Sentinelle, une opération archéologique a été menée du 22 août 2006 au 12 janvier 2007 sur une surface de 1,2 hectare. Les vestiges découverts remontent à la période gallo-romaine, du Ier au IVe siècle.
Le site est traversé d'est en ouest par un tronçon d'une voie antique secondaire. Elle est composée d'un lit de rognons de silex et encadrée de fossés bordiers. Cette voie constitue l'élément structurant du site autour duquel se sont organisés les autres vestiges.
Trois nécropoles situées aux abords de cette voie ont été découvertes. Elles ont livré plus de soixante dix sépultures. Deux d'entres elles remontent au Haut Empire, l'une est située à l'extrémité occidentale du site et l'autre à l'extrémité orientale. Ce sont des nécropoles à crémations. Les dépôt d'ossements calcinés étaient conservés soit dans des urnes cinéraires, soit dans des contenants périssables disposés dans de petites fosses au plan et profil irréguliers. La nécropole ouest se distingue par la présence de cinq tombes privilégiées, parfaitement alignées et parallèles à la voie.
La troisième nécropole s'est implantée tardivement au même emplacement que la nécropole ouest, elle remonte au IVe siècle. Elle comporte une vingtaine de tombes à inhumation orientées nord-sud dans leur grande majorité. Ces tombes sont aménagées dans de grandes fosses à banquettes. Les corps des défunts étaient placés dans des coffres en bois accompagnés d'offrandes disposées soit au pied et à la tête, soit le long du corps. Les offrandes comprennent des vases en céramique, de la verrerie, des bassins en bronze et étain, et des objets métalliques (fibules, bracelets, couteaux, boucles de ceinture...). À l'exception des couronnes dentaires qui ont parfois subsisté, les corps ont disparu. Ces trois nécropoles témoignent de la présence d'un habitat à proximité probablement dans le champs voisin non diagnostiqué pour le moment.
Deux autres types de vestiges ont été mis au jour : une forge et les fondations en silex d'un bâtiment rectangulaire (15,6 m x 6,4 m) disposé perpendiculairement à la voie. Les vestiges de la forge sont constitués d'une zone de concentration de déchets du travail de métallurgie inférieure à 200m2. Ces déchets sont constitués de nombreux fragments de parois très indurés comportant des empreintes circulaires de tuyère confirmant la présence des foyers de forge. La fouille n’a pas livré de support de frappe, mais l’étude des concentrations de battitures permet de restituer les zones de martelage. La présence de nombreuses soies de préhensions attestent de l’utilisation d’outils à douille pour déplacer le fer chaud vers la zone de martelage.