La Calotterie

Superficie : 15 000 m²

Équipe : Delphine Cense
, Gaëlle Nowik, Loïc Guillemaux, Sarah Colpaert, Alexandre Rousseau, Kévin Bideau, Adélaïde Malbranque, Aude Maroote, Guillaume Gadebois, Lucille Alonso, Nordine Ouraghi, Mohamed El Hilali, Florence Demarly, Lucille Alonso, Chloé Malette.
Les fouilles sur le site de la Calotterie, « Chemin de Visemarais », ont permis de mettre au jour plus de mille structures attribuables au Haut Moyen Âge, sur une surface approximative de 1,50 hectares. Cette installation dense se matérialise par la présence d'un vaste réseau fossoyé délimitant des parcelles plus ou moins quadrangulaires. D'autres séparations mises en valeur par l'alignement de certaines fosses participent également au découpage des espaces. L'ensemble correspond à sept parcelles au sein desquelles se développe une occupation sous la forme de bâtiments majoritairement sur poteaux accompagnés de nombreuses fosses à vocation domestique et artisanale, de quelques silos et de quelques latrines. Deux fonds de cabane ont également été
repérés. Une des singularités du site est de recéler vingt-six puits répartis sur la totalité de l'emprise archéologique. Le cuvelage de nombre d'entre eux (22) présente un réemploi de tonneau tandis que les autres sont confectionnés à partir de pieux verticaux et de branchages entrelacés (4). Deux sépultures à inhumations isolées marquent aussi le site. La première est une fosse à inhumation d'un individu adulte de sexe masculin, âgé entre 20 et 49 ans et
allongé sur le côté gauche. Il est accompagné d'un couteau, d'une boucle et d'une monnaie en argent provenant de Quentovic. La seconde concerne un individu de sexe féminin, âgé entre 20 et 29 ans et allongé sur le dos. Le mobilier recueilli dans l'ensemble des structures est majoritairement constitué de faune, de malacofaune, de micro-faune et de vestiges ichtyologiques mais également de tessons de céramique, d'objets métalliques (monnaies, poignards, anses,...), de fragments de verre, de torchis portant la trace du clayonnage et de l'enduit ou encore d'artefacts en pierre (mortiers, pierres à aiguiser) et en cuir (chaussure, doigtier). De nombreux petits objets travaillés ont été mis au jour comme des peignes en os à simple ou double denture et décors incisés, des éléments de tabletterie avec des décors d'ocelles ou des fusaïoles. Même si l' emplacement du port de Quentovic est maintenant certain, la fouille, qui s'est déroulée au coeur de l'emprise présumée du site délimitée grâce aux sondages britanniques de David Hill et Margaret Worthington, semble montrer que nous nous situons plutôt dans le « quartier » artisanal qu'au niveau des installations portuaires. Les études spécialisées (archéozoologie, dendrochronologie, carpologie,...) permettront d'étoffer cette hypothèse.