Superficie : 10 500 m²
Équipe : Myriam Michel, Frédéric Lebis, Jérome Chevalier, Estelle Delmont, Mohammed El Hilali, Sandrine Fievet, Jérome Georges, Julian Grünberg, Nordine Ouraghi, Fabien Malbrancque, Mélanie Démarest.
Équipe : Myriam Michel, Frédéric Lebis, Jérome Chevalier, Estelle Delmont, Mohammed El Hilali, Sandrine Fievet, Jérome Georges, Julian Grünberg, Nordine Ouraghi, Fabien Malbrancque, Mélanie Démarest.
La fouille réalisée sur la commune de Hénin-Beaumont, au lieu-dit « Au Chemin d'Hénin », a été entreprise dans le cadre d'un projet de parc logistique. L'opération s'est déroulée entre la mi-novembre 2009 et le début
du mois d'avril 2010 (avec une interruption dûe à des conditions météorologiques défavorables entre le 04
janvier et le 22 février 2010). La fouille a couvert une surface de 1,5 hectares et a permis l'exploration
exhaustive des vestiges mis au jour.
![]() La fouille du « Chemin d'Hénin » s'inscrit dans le cadre de nombreuses recherches menées sur la commune d'Hénin-Beaumont et des alentours. La commune de Hénin-Beaumont a livré ces dernières années plusieurs sites de la fin de La Tène et de la période antique. La parcelle qui borde celle du « Chemin d'Hénin » vers le sud (de l'autre côté de la RD 40) recèle les vestiges d'une nécropole du Haut-Empire. Vers le sud-est, on note la présence d'un habitat du Haut-Empire, avec la présence de quelques sépultures à crémation. Un peu plus loin vers l'est, dans un rayon de 2 à 3 kilomètres, les opérations de fouille et de diagnostic menées par l'Inrap ont aussi livré un habitat de La Tène finale et trois habitats du Haut-Empire. Le reste du territoire de la commune a fait l'objet de plusieurs opérations lors de l'installation des ZAC du « Bord des Eaux » et « des Pommiers » dans les années 1990. Plusieurs habitats et nécropoles ont alors été découverts, situés entre deux et quatre kilomètres à l'est et au nord de notre site. Ces sites couvrent une chronologie allant de La Tène moyenne et finale au Bas-Empire. Ces opérations ont aussi mis au jour un axe de circulation qui pourrait être un tronçon de la voie romaine Arras-Tournai. La fouille de 2009-2010 fait suite à un diagnostic qui avait livré les vestiges de deux occupations a priori importantes et datées de la période de La Tène et de la période gallo-romaine. Seule la partie antique des vestiges est concernée par les fouilles. Elle a livré les traces d'un réseau fossoyé peu dense, de nombreux trous de poteaux et fosses, de quelques structures de combustion et d'un petit ensemble funéraire. Les premières observations concernant l'organisation des vestiges et la datation du mobilier suggèrent une série d'occupations plus ou moins importantes allant du Néolithique moyen au début du XXe siècle, mais la zone ne semble jamais avoir connu d'occupation très dense. Une première occupation du site semble dater du néolithique (le mobilier lithique et céramique découvert au diagnostic a été daté du Néolithique moyen-Cerny). Elle ne présente aucune structuration particulière et seules trois fosses isolées les unes des autres peuvent y être associées. Par la suite, le site voit l'installation d'un réseau fossoyé antique. Celui-ci semble constituer une partie d'un réseau parcellaire plus vaste, orienté globalement nord-est/sud-ouest. Il est associé à des ensembles de trous de poteaux, qui témoignent de l'existence de constructions sur poteaux mais ne livrent pas de plans définis. Il est aussi accompagné de séries de fosses, dont un ensemble de larges fosses dépotoirs. Trois structures de combustion semblent se rattacher à cette occupation. Il s'agit d'un petit four ou foyer enterré quadrangulaire et de deux foyers aménagés se succédant sur une même zone. Dans ce dernier cas, il pourrait s'agir d'une zone d'activités. Cette occupation antique se caractérise enfin par la présence d'une petite zone funéraire au sud de la fouille, en bordure d'un des fossés de parcellaire. Cet ensemble est constitué de huit structures. Trois sont des sépultures à crémation, avec dépôt d'une urne funéraire et de diverses offrandes. Il s'agit selon les sépultures de deux ou trois vases, accompagnés dans deux cas d'une offrande animale et de quelques petits objets en métal. L'une des sépultures a livré une fibule, une autre en a livré deux, accompagnés d'une petite fiole en verre et d'un miroir en alliage cuivreux. Trois autres structures de la zone pourraient être interprétées comme des « fosses-bûchers ». Elles présentent un plan quadrangulaire, un profil à bords droits et fond plat et un comblement très charbonneux. Une quatrième fosse présente les même caractéristiques morphologiques mais son comblement se distingue par une absence totale de restes charbonneux. Enfin, deux petites fosses aux contours irréguliers et au comblement charbonneux semblent témoigner de rejets issus de crémations. Les premières constatations concernant le mobilier issu de ces structures suggèrent un fonctionnement de cette zone funéraire dans la deuxième moitié du Ier siècle de notre ère. Par la suite, le site livre quelques vestiges d'occupations plus récentes, vraisemblablement sporadiques : deux foyers témoignent d'une occupation moderne (entre le XVIIe et le début du XXe siècle) et un petit tronçon de tranchée 14-18 rappelle les combats de la première guerre mondiale. L'occupation majeure du site est donc a rattacher à la période antique. Au vu des vestiges mis au jour, il semble s'agir d'une occupation peu dense, située en périphérie d'un habitat (qui pourrait correspondre à l'une des fermes fouillées antérieurement dans les alentours du site) et probablement destinée à diverses activités : agricoles, pastorales, artisanales, funéraires... L'étude des données issues de cette opération renseignera ces diverses questions.. | ![]() ![]() ![]() |



