Bailleul - ZA des Collines

Superficie : 25 000 m²

Équipe : Laurent Gubellini, Gaëlle Nowik, Stéphane Leplus, Vincent Colard, Benoît Lagache, Vincent Brusel, Sébastien Chauvin, Baptiste Davy, Loïc Guillemaux, Antony Lefebvre, Adélaïde Malbranque, Vaïana Vincent, Cécilia Vuzzardi, Alice Hanotte.

L'équipe au milieu du bâtiment circulaire
Suite à un diagnostic réalisé par l'INRAP en 2005, une importante villa gallo-romaine à plan axial a pu être en grande partie étudiée. Positionnée sur un versant prononcé des contreforts des monts de Flandres et se poursuivant vers l'est et l'ouest, au-delà de l'emprise prescrite, elle a pu livrer de nombreux éléments témoignant d'un statut socio-économique très élevé de ses occupants : de nombreuses fondations en grès local, une cave, une citerne et un bassin d'agrément matérialisant l'accès à la partie résidentielle en témoignent, tout comme les nombreux éléments matériels qui y ont été retrouvés : verres à vitre, ardoises, marbres parfois importés depuis les Pyrénées orientales, tubulures, enduits peints, ainsi qu'une grande proportion de céramiques importées (Italie, Espagne, Liban...).

Elle semble avoir été créée pratiquement ex-nihilo. Son premier état, daté du début du Ier siècle de notre ère, bien que lacunaire, est constitué de bâtiments sur poteaux. La partie résidentielle est ensuite progressivement reconstruite en dur à partir de la seconde moitié du même siècle. Le début du IIe siècle est marqué par une campagne de reconstruction partielle qui va de concert avec la suppression de la cave et de la citerne jouxtant le bassin. Celles-ci se voient remplacées par un petit muret qui marque la séparation entre la partie résidentielle et la partie agro-pastorale. Hormis une grange munie de contreforts externes, cette dernière est uniquement composée de bâtiments sur poteaux, dont une forge apparemment itinérante qui ne paraît pas avoir d'autre utilité que l'entretien et la réparation d'outils ou de petit mobilier.

Les nombreux prélèvements carpologiques qui y ont été effectués indiquent que le traitement des récoltes avait lieu sur place, au niveau de l'aile septentrionale. L'aile méridionale était quant à elle dévolue au stockage du fourrage, ce qui est confirmé par ma présence de la grange.
La villa en tant que telle ne perdure pas au-delà du début du IIIe siècle, période à laquelle elle change de configuration pour s'apparenter à une unité agro-pastorale plus classique avec l'abandon de bon nombre des bâtiments la composant, et s'apparentant progressivement à un squatt. C'est à cette période que de nouvelles activités se développent à l'ouest avec l'apparition de plusieurs pressoirs dont l'utilisation précise reste à déterminer. La fin de l'occupation antique du site n'est pas postérieure à la fin du IIIe siècle. Après l'apparition d'un réseau parcellaire médiéval, le site parait inerte jusqu'à la bataille de la Lys en avril 1918, date à laquelle il est constellé de trous d'obus.